L’hymen est constitué d’une membrane élastique qui se trouve à l’entrée du vagin. Cette membrane constitue le signe de la virginité et a longtemps été une valeur symbolique forte pour la plupart des sociétés. Si le concept de virginité semble théoriquement aisé à établir, il demeure cependant extrêmement complexe (pratique de sports violents, tampon hygiénique de grande taille, vascularisation de l’hymen entraînant plus ou moins de perte de sang lors de la défloration).
L’hymen est le symbole social de la virginité. Autrefois et dans certaines cultures actuelles on devait se marier vierge. Ce « sexe-symbole » a longtemps été confondu avec le mariage.

Mais qu’est-ce qu’être vierge ? Avoir un hymen intact ou ne jamais avoir eu de relations sexuelles ? Jacques Waynberg (Guide pratique du couple p. 103) : « On a interdit à toute une génération de jeunes filles de pratiquer des sports violents ou de monter à cheval par peur de leur distendre l’hymen au point de lui faire perdre parfois son rôle symbolique de barrière. »
Une reconstruction ou « réfection » hyménéale peut se faire chirurgicalement : cette intervention, sous anesthésie, permet d’offrir une résistante à un rapport pénétrant.

La perte de la virginité et les premiers rapports sexuels

Perte de virginité

Perte de virginité. Ambassade Esthétique

La défloration et les premiers rapports sexuels constituent toujours des phases importantes et marquantes dans la vie intime d’une femme. Elles créent des « empreintes » positives ou négatives qui marqueront la vie amoureuse, sexuelle et érotique à venir. Un partenaire impatient ou brutal, un environnement ne favorisant pas l’intimité ou un jugement dévalorisant de l’entourage peuvent entraîner par la suite des troubles de la libido…

La peur aussi de « ne pas être à la hauteur » conditionne le déroulement de ces premiers actes sexuels. Les dictats des médias font office de référence : être capable d’avoir une érection pour le garçon et obtenir un orgasme pour la jeune fille. La qualité de ces démarrages n’est pas nécessairement au rendez-vous, due au manque d’expérience des partenaires et de leur stress émotionnel.

Les sondages révèlent que 43% des adolescents ont des rapports sexuels entre 15 et 18 ans et que 20% des Françaises ont des rapports avant 16 ans.
Humen : membrane
Hyménée : dieu du mariage

L’avis du sexologue pour la réfection de l’hymen
Quelle est la valeur ajoutée de la virginité ?
– L’honneur de la famille,
– La bonne éducation,
– La bonne santé de la femme,
– La garantie que la descendance sera bien de l’époux et ne sera pas contestable
– La dominance des hommes sur les femmes : la possession

La virginité subie et le poids des traditions

L’évolution croissante de notre multi culturalité n’est pas à démontrer, mais pour le mariage on constate fréquemment un retour aux sources, notamment dans le choix d’une femme ou d’un mari de sa propre culture.
Après la découverte du libéralisme sexuel de notre société occidentale, les jeunes femmes d’origines maghrébines ou du Moyen Orient (Tunisie, Maroc, Iran, Turquie, etc…) ont tendance à rechercher un mari qui appartient à leur groupe ethnique et culturel. Elles sont alors obligées de sacrifier aux coutumes de ce groupe et demandent à retrouver leur statut de jeunes filles.

Cela signifie tout recommencer, repartir à zéro, la virginité du sexe a aussi un impact sur la virginité dans la tête. Cet adjectif « vierge » qualifie quelque chose comme une terre vierge (le vagin), une page vierge (l’innocence de la future mariée), qui n’a pas été salie ou souillée (la virginité). L’on peut noter que tous les mots ayant trait à la virginité sont liés à la féminité : une forêt vierge, une neige vierge – et à la pureté, la fraicheur. Lorsque le mot « vierge » s’applique à un homme, il prend une connotation péjorative : celle de la naïveté. Lorsqu’une femme perd sa virginité il s’agit d’un acte passif, pour l’homme c’est une conduite active et valorisée : il a réussi à déflorer sa femme, elle lui appartient pleinement à présent.

La virginité et le sang pouvant être montré lors de la défloration durant la nuit de noces ayant une telle valeur dans certaines cultures et religions, il arrive fréquemment que certaines jeunes femmes ont recours à des rapports bucco-génitaux tels que cunnilingus et fellation ou à la sodomie qui permet de ne pas rompre l’hymen et donc de se présenter vierge au mariage.

Le futur marié n’est pas au courant de la réfection hyménale, il veut une véritable vierge dans son lit. S’il a un doute, il va demander une confirmation par l’iman de la virginité de sa fiancée. L’imam est habilité dans ce cas-là à procéder à un examen de confirmation.

Lors de la nuit de noces, la jeune mariée veut éprouver la douleur de la défloration et bien la signifier à son entourage par l’exposition des preuves du saignement.

En définitive, cet acte chirurgical est-il à préconiser ? N’entretient-on pas par là l’obscurantisme et l’asservissement des femmes ?

A l’inverse si l’acte n’est pas réalisé, l’on va empêcher cette jeune femme d’effectuer ce retour à ses origines. Or c’est précisément les femmes qui ont connu le libéralisme occidental qui pourront par la suite faire progresser les idées humanistes au sein des sociétés traditionnalistes. Pour leurs enfants, leurs nièces, leurs petits-enfants… peut-être.
Autre exemple en consultation de sexologie : le cas des femmes qui n’osent pas affirmer leur connaissance en matière de sexualité à leur mari récemment épousé…

C’est l’exemple typique de jeunes femmes qui vivent une existence totalement occidentalisée pendant leur jeunesse en France, pendant leurs études aussi parfois et qui se décident à épouser vers la trentaine un homme de leur milieu culturel d’origine. Celui-ci est parfois plus âgé qu’elle (souvent la quarantaine) : il a économisé pour pouvoir se marier, il est demeuré vierge (donc naïf) et donc totalement immature en matière de sexualité.

Durant la nuit de noces, la jeune femme a pris le risque de dissimuler qu’elle n’était plus vierge ; dans ce cas-là, son mari n’y a vu que du feu. L’honneur de la famille est sauvé. Il se peut aussi qu’elle ait fait une réfection de l’hymen.
C’est ultérieurement que le sexologue voit apparaître le couple dans sa consultation. Il ne comprend pas immédiatement ce qui se passe, la femme souffre de troubles du désir, l’homme ne s’exprime que très peu, mal à l’aise dans la sexualité et le dialogue sur la sexualité. Il est impératif de provoquer une consultation en solo pour chacun. La jeune femme révèle alors qu’elle avait plusieurs amants durant ses études, qu’elle a une demande et une maturité en matière d’érotisme et de sexualité qui ne sont plus à prouver mais qu’elle ne peut les obtenir de son mari presque vierge et totalement innocent en la matière.

Qu’elle ait entrepris une réfection de l’hymen ou qu’elle ait « triché » sur le chapitre de sa virginité avant le mariage, la problématique demeure la même : le couple a un déphasage important en matière d’érotisme et de sexualité et c’est ici au sexologue de pouvoir les aider (écoute attentive de l’épouse, conseils prodigués au mari en matière de techniques sexuelles, de meilleure connaissance de la féminité, etc…)

Mme Chantal Hygi-Lang

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