Introduction

Le tiers supérieur de la cuisse, juste en dessous du pli inguinal, à la face interne, est une zone qui est parfois déformée et gênante, notamment chez la femme. C’est une localisation d’amas graisseux dont la peau est particulièrement fine et délicate, donc qui possède des qualités d’élasticité assez limitées. Il est à noter par ailleurs que, dans la profondeur de la cuisse, passent des éléments anatomiques importants tels que la veine saphène interne et sa crosse (c’est la veine qui est responsable de la majorité des phlébites du membre inférieur), la terminaison de l’artère fémorale ou le nerf crural. La forme de cette région est conditionnée par les muscles adducteurs de la cuisse et par les masses graisseuses qui les recouvrent. Celles-ci prennent parfois une importance telle que la marche est rendue difficile par les frottements qu’elle engendre ainsi que par les irritations en période estivale qu’elle génère.

De quoi s’agit-il ?

La plastie crurale consiste à amincir, à affiner, le tiers supérieur de la cuisse par action exclusive sur sa face interne. Il faut donc aspirer, décoller et réséquer la peau pour la remonter, la lifter en somme.
Ces trois zones sont illustrées ci-dessous par des couleurs différentes :
— en jaune, la zone de lipoaspiration ;
— en vert la zone de décollement ;
— en bleu, la zone de résection ;
— en rouge, l’incision.

La consultation préopératoire

Comme toujours, la consultation préopératoire est le pilier de la décision chirurgicale. Elle ne doit pas se contenter de faire miroiter des résultats qui emporteraient l’adhésion de toute candidate à cet acte, mais elle est l’occasion de mettre en avant les problèmes spécifiques, tels que la gestion des soins postopératoires, les risques de nécrose cutanée et, surtout, ceux de migration vers le bas de la cicatrice après quelques mois. D’autres aspects sont envisagés lors de cette consultation, comme le nombre de cicatrices et la localisation exacte de celles-ci.
Réserves :
Les femmes ayant subi un curage des ganglions inguinaux, pour un mélanome par exemple ou pour une autre pathologie du membre inférieur, ne peuvent être opérées. Il faut être très prudent en cas d’antécédents de phlébite et de consommation tabagique importante.

Les modalités pratiques

• L’anesthésie : il est bon d’envisager de principe une anesthésie générale. Une autre éventualité est la péridurale, mais elle demande un bon entraînement de la part de l’anesthésiste et il n’est pas certain qu’elle ait d’énormes avantages par rapport à la générale. C’est une affaire de cas particuliers. Les examens et la consultation d’anesthésie préopératoires s’imposent.
• L’hospitalisation : elle est de 24 heures au minimum, mais parfois une journée de plus s’impose, en fonction des difficultés locales, du drainage, de la surveillance…

Le déroulement de l’opération

• L’incision : la patiente est installée « en grenouille » sur une table normale ou en position gynécologique. L’incision principale est concave vers le haut, en dessous du pli inguinal. Il est parfois nécessaire de la compléter par une incision verticale à la face interne plus ou moins longue.
• Le geste opératoire : il consiste à pratiquer une lipoaspiration préalable de la moitié supérieure de la face interne de la cuisse de façon prudente, puis à décoller environ la moitié de la zone de lipoaspiration, à retirer l’excédent cutané de la face interne et à fixer la graisse et le plan profond de la peau aux aponévroses solides et fixes de l’insertion des muscles abducteurs. Ce geste, destiné à l’effet « lifting » de la cuisse, est aussi le garant du bon positionnement de la cicatrice dans le pli inguinal. Le temps opératoire dure entre 1 h 30 et 2 heures.
• Les sutures : sont faites en deux plans avec des précautions de capitonnage des espaces morts pour éviter la survenue d’épanchements postopératoires. La pose d’un drain est fréquente.
• Le pansement : circulaire au début et donc enveloppant, il est remplacé par un pansement sec et fermé à la sortie, qui n’empêche pas le port de pantalons ou de vêtements un peu larges. La cicatrisation demande de 10 à 15 jours.

Le postopératoire

• Les douleurs existent, notamment à la marche. Toute la difficulté réside dans le fait d’uriner, d’aller à la selle, et dans la pratique de l’hygiène intime. L’établissement au début d’un régime sans résidus facilite les soins des premiers jours. Il est souhaitable de faire une toilette après chaque selle. La récupération d’une marche normale demande environ 15 jours, et il faut attendre 1 mois avant de reprendre une activité sportive. Pendant ce mois, il est indiqué de porter un collant de contention moyenne.
• Les œdèmes : souvent importants les premiers jours, ils demandent plusieurs semaines pour disparaître complètement, comme dans la plupart des interventions où l’on a pratiqué un décollement cutané.
• Les ecchymoses : toujours possibles, elles disparaissent plus vite que les œdèmes.
• L’éviction sociale : elle dépend bien entendu des contraintes professionnelles de l’opéré, et peut aller jusqu’à 3 semaines en l’absence de complications.

Le résultat

• La durée : le résultat est immédiatement visible et encourageant, mais il faut patienter 3 à 6 mois pour obtenir le résultat définitif. Comptez de 12 à 18 mois en ce qui concerne la cicatrice.
• La pérennité : elle est bonne si l’on respecte un certaine stabilité pondérale, et la satisfaction est réelle à condition d’avoir reçu une information adéquate sur les cicatrices et, surtout, sur l’étendue de la zone concernée. Il n’y a aucun effet à attendre au-delà du milieu de la face interne de la cuisse. En particulier, on ne voit aucune modification du genou ou de la face antérieure de la cuisse. En revanche, un abaissement de 1 à 3 centimètre de la cicatrice inguinale est assez fréquent et justifie, parfois, une reprise après 6 mois ou 1 an, à condition d’avoir la conviction de faire mieux.
• La variabilité : elle est liée à des complications (lymphœdème, infection, nécrose cutanée) ou à une cicatrisation disgracieuse, mais aussi au degré de relâchement secondaire de la peau et à l’abaissement de la cicatrice.

Risques et complications

Les risques existent. Ils ne sont pas toujours graves, mais les complications sont contraignantes et rallongent d’autant l’évolution et la reprise de l’activité sociale et professionnelle : lâchage de sutures, nécrose cutanée, hématome parfois infecté, épanchement lymphatique, béance vulvaire par écartement des grandes lèvres.

Conclusion

Cette intervention est aujourd’hui plus demandée qu’elle n’est réalisée, sans doute du fait de la lourdeur du postopératoire et des risques. Elle peut être spectaculaire, surtout dans les suites d’un amaigrissement important car les conséquences au niveau des cuisses sont décourageantes au regard des efforts fournis, et la seule solution est alors chirurgicale. Dans ce contexte, elle est souvent assortie d’une plastie abdominale, mais qui réalisée dans un deuxième temps.

Le lifting de la face interne des cuisses en questions

Est-ce que les cicatrices sont très visibles ?
La cicatrice principale va d’avant en arrière, du pli inguinal au pli fessier. Si elle ne descend pas, elle est très peu visible au-delà de 18 mois. De même, si le patient cicatrise particulièrement bien, comme c’est souvent le cas dans cette région, la rançon cicatricielle sera minime, y compris en cas d’abaissement de la cicatrice. Plus difficile est le problème de la verticale quand elle s’impose, mais le résultat est également nettement supérieur car elle permet une réduction de la circonférence de la cuisse.
Quand puis-je avoir de nouveau des rapports sexuels ?
Seulement après cicatrisation complète, soit de 4 à 6 semaines après l’intervention.
Une préparation est-elle nécessaire ou utile ?
Non, il n’est pas besoin de préparation musculaire ou cutanée. En revanche, il faut éviter une période de règles prévisibles dans les 15 jours qui suivent l’opération et arrêter le tabac au moins 1 mois avant. La douche au savon antiseptique est commune à toutes les interventions.
Le résultat est-il symétrique ?
Si les cuisses présentent une déformation symétrique au départ, le résultat a toutes les chances de l’être. En revanche, il est possible d’observer des petites différences entre les deux cicatrices… à y regarder de près.
Est-on parfois obligé de recommencer ?
On ne pratique cette intervention qu’une fois, hormis le cas de retouche rendue nécessaire par une migration excessive de la cicatrice.

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