La chirurgie esthétique des cheveux

Actuellement, la chirurgie esthétique du cuir chevelu est avant tout masculine. En effet, la chevelure est un élément symbolique de séduction chez la femme et de force chez l’homme. Tous les conquérants célèbres de l’antiquité, que ce soit en Grèce, en Égypte, en Assyrie ou en Extrême-Orient avaient des cheveux longs, abondants ou ramassés en queue de cheval. Le mythe de Samson est toujours vivace et, chez les Égyptiens, les cheveux rasés ou très courts sont symbole de soumission et d’humiliation.
On peut se demander pourquoi une chevelure abondante est signe de virilité alors que l’alopécie est en partie due à une forte sécrétion d’hormones mâles, ce que nous appelons le « syndrome alopécique hyperandrogénique ».
Quoi qu’il en soit, même irrationnelle, la souffrance des hommes qui perdent leurs cheveux est bien réelle, et parfois même obsessionnelle. Leur demande ne peut donc pas rester sans réponse.
Chez les femmes, la perte localisée des cheveux correspond généralement à une zone de pelade, disgracieuse, certes, mais habituellement régressive car elle correspond à un choc ou à un stress psychologique. La faible densité des cheveux, elle, est souvent due à des facteurs génétiques ou liés à l’âge, ou les deux. On propose rarement une solution chirurgicale chez la femme, sauf en cas d’alopécie (zone du cuir chevelu dépourvue de cheveux) traumatique, après des brûlures notamment, mais on est alors dans le contexte de la chirurgie réparatrice.
Quant aux pertes de cheveux provoqués par certains produits de chimiothérapie utilisés dans le traitement des cancers, on sait qu’elles sont momentanées et que la repousse interviendra quelques mois plus tard, spontanément, après l’arrêt du traitement.

De quoi s’agit-il ?

Le traitement des pertes de cheveux correspond à quatre voies thérapeutiques principales, qui peuvent être associées ou se succéder.
• Le traitement médical n’a pas sa place ici, mais on commence souvent par lui pour faire reculer la date de la chirurgie : Minoxidil®, Propecia®, biotine, vitamine B5, mésothérapie, électrothérapie basse tension (traitement Philippe Simonin).
• Les réductions de tonsure sont une technique tout à fait intéressante, qui consiste à utiliser les qualités d’élasticité de la peau pour retirer la zone de la « tonsure » et la recouvrir par le cuir chevelu bien fourni avoisinant. Cette intervention peut se faire en une ou plusieurs fois, suivant les conditions locales. On peut aussi s’aider de la mise en place d’expandeurs cutanés ou de dispositifs sous-cutanés qui préparent la zone pour obtenir le meilleur résultat possible. Il faut noter que ces moyens sont très directement issus des techniques de chirurgie réparatrice utilisées pour le traitement des alopécies traumatiques (brûlures) ou génétiques (tumeurs du cuir chevelu : angiomes ou naevus géants).
• Les lambeaux relèvent un peu du même principe, qui consiste à faire migrer une zone de cuir chevelu riche pour remplacer une peau devenue glabre. Dans le cas de la réduction de tonsure, il s’agit de faire glisser la peau : on parle de « plastie de glissement ou d’avancement ». Ici au contraire, on fait pivoter un lambeau de cuir chevelu sur un pédicule nourricier pour permettre la réparation d’une zone glabre, généralement vers le front (golfes, par exemple). La technique des lambeaux a fait émerger plusieurs techniques qui ont chacune leur avantage (lambeaux de Juri, de Nataf, de Dardour). En revanche, elles ne sont pas sans risques, notamment de nécrose, c’est-à-dire de mort tissulaire, partielle ou totale. Les techniques des lambeaux, pour parfaire leur efficacité, peuvent aussi s’appuyer sur l’implantation préalable d’expandeurs cutanés. Il s’agit parfois d’une chirurgie un peu lourde, qui peut requérir une anesthésie générale et une nuit d’hospitalisation postopératoire. Le docteur G. Ozun a proposé il y a quelques années de mettre en place plusieurs ballonnets pour obtenir une expansion de toutes les zones exploitables et de recouvrir en une fois la totalité de la zone alopécique. L’idée comme le résultat sont certes séduisants, mais il faut pouvoir disposer de 4 mois environ sans vie sociale et professionnelle ou presque, sans compter un budget important de l’ordre de 10 000 à 15 000 €.
• Les greffes sont bien sûr les vedettes du traitement de la calvitie. Leur efficacité est reconnue et durable. Il faut cependant noter que la limitation de l’aspect invasif de cette technique ne la classe pas exactement parmi les actes chirurgicaux, et peut donc être entreprise par des spécialistes non chirurgiens, en particulier les dermatologues. De ce fait, l’implantation de greffes de cheveux est aujourd’hui souvent l’apanage de praticiens qui se consacrent presque exclusivement à cet exercice.
L’usage des greffes consiste à déplacer des cheveux génétiquement programmés pour ne jamais tomber (occiput et nuque) dans des zones où la génétique et, habituellement, les sécrétions hormonales entraînent une chute abondante, souvent extrême et irréversible (tonsure et région pariétale).

Comment ça marche

L’implantation des « bons » cheveux, avec le bulbe et le bulge (potentiel germinatif), permet une intégration totale et durable des cheveux dans leur site d’accueil. La multiplication des greffons, leur petite taille et le respect du sens de la pousse sont les garants des meilleurs résultats.

À qui s’adresse ce soin ?

Cette technique est beaucoup plus destinée aux hommes dont le père est déjà porteur d’une calvitie importante et qui, souvent, ont la peau grasse, l’ensemble constituant ce que l’on appelle la « calvitie hyperandrogynique ».
Ce soin peut également s’adresser aux femmes lorsqu’elles souffrent d’une chute de cheveux durable (alopécie). En revanche, il ne faut pas greffer les plaques de pelade, dont l’origine est souvent liée au stress, et donc réversible.
Pour les deux sexes, les zones cicatricielles (brûlures, lifting) peuvent bénéficier de greffes de cheveux, mais avec un succès moins assuré.

Déroulement de la séance et suites

Lors d’une séance, on prélève sous anesthésie locale une bande de cuir chevelu de l’arrière du crâne ou du cou. La zone de prélèvement est suturée sous tension, puis le greffon est découpé sous microscope en microgreffons (généralement, de 100 à 400). La zone receveuse est ponctuée de petits trous effectués par un « punch » dans lesquels on implante les micro-greffons pour réhabiter la partie dégarnie.
Les greffons sont fragiles au départ et souvent maintenus en place par un corps gras (vaseline, pommade antibiotique ou autre). Il apparaît des croûtes au niveau des greffons ; elles tombent en 10 à 15 jours en même temps habituellement que les cheveux nouvellement implantés. Il faudra attendre trois mois pour que les nouveaux cheveux repoussent.
Chaque séance dure entre deux et quatre heures sous anesthésie locale en ambulatoire ou sous neuroleptanalgésie. Le cuir chevelu se prête bien aux anesthésies tronculaires qui permettent d’endormir de vastes territoires avec un minimum de produit.

Quel rythme ? Quand s’arrêter ?

En fonction de la surface à couvrir, une à quatre séances sont nécessaires, de 100 à 400 greffons chacune. Chaque greffon comporte un à trois cheveux. Les greffons plus gros utilisés autrefois laissaient un aspect « en plantation de poireaux ». On peut en fait les utiliser tout de même à partir de la deuxième ou troisième ligne d’implantation ce qui donne un aspect plus dense et fourni.

Risques et effets indésirables

Des douleurs pendant la cicatrisation de la zone donneuse, des œdèmes du front et des paupières, une sensation de gêne de la zone implantée sont assez fréquents. Les risques infectieux peuvent justifier la prise d’antibiotiques pendant jours. Les hématomes sont rares, en revanche les traumatismes des manipulations inadéquates (shampoin trop précoce ou frottements vigoureux du cuir chevelu) sont susceptibles de faire tomber certains greffons.

Résultats

Elle est bonne et durable si on accepte les contraintes opératoires et postopératoires.

La chirurgie des cheveux en questions

* Peut-on implanter des cheveux synthétiques ?
Dans ce domaine, tout a été tenté depuis plusieurs décennies ; hélas, l’échec est la règle. Dans le pire des cas, on a une infection grave qui ne guérit qu’à la chute de l’intégralité des implants ; dans la meilleure des perspectives, on a une perte de 20 % par an des cheveux implantés conduisant à un résultat nul au bout de quelques années. Cette voie de résolution du problème a donc été progressivement abandonnée.
* Doit-on attendre le plus longtemps possible pour faire des greffes ?
Non. En pratique, les zones complètement désertifiées ne relèvent plus des greffes, mais plutôt des lambeaux. Il est quasiment impossible de redonner un aspect d’implantation normale si le cuir chevelu est devenu complètement glabre. L’idéal, c’est de renforcer la densité des zones où les cheveux se raréfient et de suivre ensuite l’évolution en renouvelant les séances de greffe.
* Est-ce que mes enfants perdront aussi leurs cheveux ?
En ce qui concerne les garçons, c’est plus que probable, et l’on retrouve cette programmation de la calvitie sur toutes les lignées mâles ; la forme également montre une évolution familiale : golfes, couronne, tonsure… Il est donc très important pour le praticien, au cours de la première consultation, de se renseigner sur l’évolution de la chevelure des ascendants paternels en ligne directe, et si possible de réclamer à voir des photographies. On peut ainsi prévoir dans quelles parties du cuir chevelu les implants sont destinés à résister le mieux.
* Quand la Sécurité sociale peut-elle intervenir ?
Jamais en matière d’alopécie hyperandrogénique car il ne s’agit pas d’une maladie. On peut en revanche l’envisager dans les alopécies post-traumatiques ou à la suite d’une maladie (ou de ses traitements) ayant entraîné une chute des cheveux de façon prolongée et durable (irradiations). Il est alors nécessaire de faire une demande d’accord préalable.

Conclusion

Habituellement pratique marginale chez les plasticiens, la chirurgie esthétique du cuir chevelu est réalisée au mieux par des praticiens qui en ont fait leur vocation et une pratique presque exclusive. Ses résultats sont à la hauteur des attentes si le contrat est clair au départ et si l’on dispose des finances nécessaires pour aller jusqu’au bout du processus.

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