Généralités

Introduction

Lipostructure, lipofilling, technique de Coleman ou réinjection de graisse autologue, tous ces termes sont équivalents. Le mot « autologue » signifie que la graisse que l’on réinjecte provient du même patient, par opposition à « homologue », qui voudrait dire que la graisse appartient à une personne différente, et à « hétérologue », qu’elle proviendrait d’une autre espèce animale. L’idée de prendre de la graisse là où elle est en excès hante les chirurgiens depuis un siècle, voire plus, mais il fut pendant longtemps impossible de passer à la pratique. C’est l’apparition de la lipoaspiration qui a permis à S. Coleman de mettre au point la technique de réinjection de la graisse autologue, avec des applications qui continuent de s’étendre à de nombreuses localisations anatomiques et intéressent aussi les interventions de chirurgie réparatrice.

De quoi s’agit-il ?

La technique est importante : il faut prélever une certaine quantité de graisse, par lipoaspiration, mais utiliser une seringue stérile en lieu et place du traditionnel aspirateur. La graisse ainsi collectée est répartie dans des tubes, stériles également, puis centrifugée pendant quelques minutes pour éliminer les fractions liquides de la graisse (sang + plasma + triglycérides) et ne garder que le produit cellulaire. Répartie dans de nouvelles seringues stériles, cette « pâte cellulaire » est réinjectée avec des canules fines et atraumatiques, ce qui permet le remplissage et le modelage d’une zone, d’une région ou de plusieurs régions du visage, ou encore d’un organe (pénis, grandes lèvres, vagin, dos des mains…). Les adipocytes ainsi injectés dans un autre espace que leur région originelle ont tendance à se « greffer » dans les tissus d’accueil, dans des proportions variables selon la nature du site receveur. Environ 50 % des cellules greffées vont ainsi « prendre racine » et survivre pendant de nombreuses années. Les autres sont éliminées par des cellules spécialisées, les macrophages, qui sont les éboueurs de l’organisme. Ces quelques éléments permettent de mieux comprendre l’évolution postopératoire.

La consultation préopératoire

Les recherches faites et les informations données lors de cette première consultation dépendent bien entendu de l’indication et de la localisation de la zone traitée. L’information s’attache à expliquer l’évolution des tissus greffés et à envisager le résultat qu’on peut en attendre.

Les modalités pratiques

Comme pour toute intervention chirurgicale, la lipostructure exige des précautions préopératoires : prise de sang, consultation d’anesthésie…
• Le remboursement : le remboursement par la Sécurité sociale n’est possible que si l’indication concerne une intervention de chirurgie réparatrice (creux post-traumatique, creusement des joues par effet secondaire de la trithérapie, reconstruction des seins après cancer…). Dans le cas contraire, l’intervention fera l’objet d’un devis complet et détaillé.
• L’anesthésie : elle peut souvent, si la localisation n’est pas trop étendue, se limiter à une neuroleptanalgésie accompagnée d’une anesthésie locale. Sinon, une anesthésie générale courte s’impose.
• L’hospitalisation : l’hospitalisation ambulatoire est généralement suffisante.

Le déroulement de l’opération

• Les incisions : on utilise les incisions usuelles de la lipoaspiration en fonction de la zone donneuse de graisse, dont le choix est en principe laissé au patient. Mouchetures de quelques millimètres, elles ne doivent pas laisser de trace notable au niveau du prélèvement. Quant au site receveur, il suffit d’un trou d’aiguille pour laisser passer une canule de 1,5 ou 2 millimètres.
• Le geste opératoire : il dure environ 1 heure. Pour être précis, surtout au niveau de la face, il est parfois nécessaire d’injecter la graisse avec de petites seringues de 1 centimètre cube, ce qui allonge un peu le temps opératoire. Il faut ensuite modeler la zone injectée de façon à harmoniser la greffe et à éviter les irrégularités.
• Les sutures : un seul point suffit sur chaque incision de la zone de prélèvement. Au niveau du site receveur, un Steri-Strip® pour 24 heures est la règle.
• Le pansement : chaque incision est recouverte par un petit pansement et l’on met en place sur la zone donneuse, habituellement au bloc opératoire, le vêtement compressif préalablement acquis par le patient dans un établissement spécialisé. Si cette zone est très limitée, on peut se contenter d’une compression par pansement pour quelques jours.

Le postopératoire

• La douleur : elle est quasiment nulle. Limitée à la zone de prélèvement, c’est celle d’une petite liposuccion. La zone receveuse, elle, n’est douloureuse qu’à la pression, et seulement pendant quelques jours.
• Les œdèmes : souvent importants les premiers jours, ils demandent de 3 à 6 mois pour disparaître complètement, mais on est tout à fait présentable, en cas de lipostructure de la face, au bout de 10 à 12 jours.
• Les ecchymoses : elles existent seulement dans la zone donneuse, comme pour une petite lipoaspiration.
• L’éviction sociale : elle dépend bien entendu des contraintes professionnelles de l’opéré, et surtout de la localisation de la zone receveuse. Il faut compter de 10 à 15 jours.

Le résultat

• La durée : juste après l’opération, la région injectée semble exagérément gonflée. C’est d’ailleurs le cas, puisqu’on a tenu compte de la future résorption du produit cellulaire réinjecté : le chirurgien a donc volontairement surcorrigé pour que le résultat soit optimal à la fin du premier mois. Il faudra patienter de 3 à 6 mois pour obtenir le résultat définitif.
• La pérennité : elle est bonne en général. Si la quantité de graisse qui s’est greffée est suffisante, elle restera en place très longtemps, 10 ans ou plus. Si cette quantité est jugée insuffisante, il est toujours possible de recommencer ce geste de 6 à 12 mois plus tard.
• La variabilité : comme toujours en médecine, la réponse biologique varie d’un patient à l’autre, mais les résultats sont positifs dans la quasi-totalité des cas.

Risques et complications

Les risques existent, mais ils sont faibles et liés essentiellement à la possibilité d’introduction d’un germe lors de la réinjection de la graisse. Ces infections sont exceptionnelles, mais peuvent se produire et être graves. Elles seraient guéries par un traitement antibiotique adapté.
L’insatisfaction des patients ne pourrait être liée qu’à une résorption excessive de la graisse.

Conclusion

La technique de Coleman est une authentique innovation. Elle ne doit être pratiquée que par un chirurgien plasticien formé et rompu à cette technique, mais elle permet de résoudre nombre de problèmes de défaut de volume, dans quasiment toutes les régions anatomiques. On ne manque habituellement pas de matériel, et la tolérance est parfaite.

Particularités suivant les zones traitées

Lipostructure de la face

C’est l’objet des publications initiales de S. Coleman. On peut ainsi redonner du volume ou augmenter ce dernier au niveau des pommettes, des joues ou du menton. L’injection de graisse dans les autres structures, comme les tempes ou les sillons nasogéniens, remplit, repulpe, en un mot rajeunit, le visage. Cette technique peut être appliquée seule ou conjointement avec un lifting ou une blépharoplastie. Elle correspond très exactement aux besoins d’un visage vieillissant, c’est-à-dire qu’elle redonne les volumes qui se sont estompés sous l’effet du temps. On peut aussi proposer une lipostructure pour repousser un peu la date du lifting.
Cette intervention est en revanche quasi inefficace sur l’épaisseur et l’ourlé des lèvres.
Pas de remboursement par la Sécurité sociale.

Lipostructure des seins

De plus en plus les praticiens proposent une lipoplastie comme alternative à la prothèse pour augmenter le volume des seins. Les modalités pratiques sont celles décrites dans la rubrique « lipoplastie ». Cependant il faut connaître les spécificités de cette intervention qui dans leurs majorités sont extrêmement positives :

Avantages :

- Absence des cicatrices au niveau des seins
- Réemploi de graisse mal localiser
- Aspect très naturel à la vue comme au toucher
- Absence de rejet puisqu’il s’agit d’une cellule autologue
- Sécurité de processus taux de complication extrêmement faible
- Récupération rapide donc hospitalisation courte et reprise précoce des activités
- Peu ou pas de doleurs
- Pas de suivi médical spécifique hormis les surveillances normales des seins
- Peu des modifications des images de mammographie et d’échographie
- Technique de choix pour les femmes jeunes car il n’y a pas à ré-intervenir 10 ou 15 ans après
- Excellente indication en cas de contre-indication médical à la prothèse

Inconvénients

- On observe la disparition de 50 à 60% de la graisse injecté dans les trois mois qui suivent l’intervention si bien qu’une deuxième injection voir une troisième est nécessaire pour avoir le volume souhaité
- Technique irréalisable chez une femme maigre

Les dépressions traumatiques

Un choc direct sur une zone graisseuse, un acte chirurgical, les séquelles de certaines lipoaspirations, un vaccin peuvent laisser en place des dépressions au niveau des membres ou du ventre. La lipostructure permet de corriger cet aspect dans des proportions notables. C’est en revanche aussi dans ces cas qu’on est contraint de réitérer le geste pour obtenir le meilleur résultat possible sans pour autant mettre une « bosse » à la place du creux.
Possibilités parfois de prise en charge ou de remboursement.

Les mains

On le sait, les mains trahissent l’âge. Trois raisons y concourent :
— les taches cutanées, dont nous avons évoqué le traitement dans la Médecine esthétique ; beau, belle sans bistouri ;
— les veines apparentes, qui peuvent faire l’objet d’un éveinage ;
— l’affinement de la peau avec disparition progressive de la graisse sous-cutanée, ce qui rend les structures profondes plus apparentes.
Il est possible de rajeunir les mains par injection d’un produit (hydroxyapatite de calcium, par exemple), mais aussi par injection de graisse, ce qui conduit à un résultat plus durable. Les résultats dans cette indication sont surprenants et durables, mais demandent 2 à 3 mois pour être stables.
Pas de prise en charge.

Le pénis

Eh oui, il est possible d’injecter de la graisse en profondeur au niveau du pénis, entre les couches profondes du fourreau et les corps caverneux. Et ça tient ! On peut donc, en théorie, augmenter chirurgicalement le calibre de la verge à volonté (il est possible de renouveler cette intervention de 6 à 12 mois plus tard jusqu’à obtenir le volume souhaité). Il faut néanmoins savoir raison garder, d’une part parce que le volume d’un pénis n’est pas le garant d’une parfaite satisfaction sexuelle, d’autre part, et surtout, parce que le gain de volume siège avant tout sur le corps de la verge, mais ne concerne pas du tout le gland. Toute demande excessive risque donc de conduire à une disproportion, et donc à une déception.
À noter, dans cette indication, l’existence parfois de zones kystiques correspondant à des amas de graisse qui ne s’est pas intégrée aux tissus. C’est certes désagréable, mais assez facile à résoudre par simple ponction ou par exérèse sous anesthésie locale.
Aucune possibilité de prise en charge.

Les grandes lèvres vulvaires

On le sait, tous les organes vieillissent. Les organes sexuels ne font pas exception, notamment la vulve à partir de la ménopause. Les grandes lèvres perdent de leur épaisseur, de leur tonus, et elles se vident de leur substance tissulaire pour prendre un aspect flasque et ridé, à l’instar des autres tissus que nous avons évoqués. Il est parfaitement possible de repulper les grandes lèvres par lipostructure, ce qui donnera de bons résultats dans cette localisation. Si l’on sait par ailleurs que, le temps passant, les femmes ont tendance à accumuler de la graisse au niveau du pubis, il est parfaitement possible de faire d’une pierre deux coups en aspirant le pubis pour le rajeunir et en réinjectant cette graisse traitée au niveau des grandes lèvres. Le temps d’abstinence postopératoire est d’environ 2 semaines.
Aucune prise en charge n’est possible.

Les parois du vagin

Il est également possible d’infiltrer les parois du vagin afin de rétrécir le canal vaginal et l’entrée du vagin lorsqu’ils ont été distendus (accouchements rapides, enfants gros à la naissance, par exemple pesant plus de 3,8 kg chez une primipare). Lorsque la distension des muscles ne justifie pas une réparation chirurgicale du périnée mais qu’elle altère la qualité des rapports sexuels, l’application de la technique de Coleman au fourreau vaginal peut se révéler une excellente solution. Elle peut aussi être couplée avec une lipostructure des grandes lèvres et une lipoaspiration du pubis.

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